«Des centaines de silhouettes s'entrechoquent »


Le narrateur déplore notre incapacité à vivre l’instant présent. Se remémore, nostalgique, l’époque où «l’on se donnait rendez-vous au café», où l’on observait la ville et les gens, où l’on bouquinait.  Il y a bien, pense-t-il, des choses formidables dans l’avènement des réseaux sociaux et l’évolution de nos rapports à la séduction. Pourtant Il aimait s’installer en terrasse et aborder sans détour des sujets dans l’air du temps avec la voisine de table.  Parmi eux, celui du désir, de l’étonnement d’une rencontre, de l’imprévisible comme une aventureuse embardée du quotidien ; le temps d’un café.  De brèves rencontres consacrées aux tribulations des passants d’un paysage parisien «chacun dans son rôle, » racontent son moi comme dans une série série TV. On aime les prémices d’une nouvelle vie au gré des rencontres hasardeuses, d’un voyage en l’autre, le temps d’une conversation impromptue. Puis comme deux chats malicieux rentrer en soi en cachette, heureux de cette formidable journée que caresse le soleil voilé de pollution.

Des centaines de silhouettes s’entrechoquent sur le trottoir comme autant d’instants présents en étincelles.  


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